Le Dr Harmon s'est plongé dans la littérature vétérinaire sur la régulation thermique canine. Les données pointaient vers quelque chose que la plupart des vétérinaires expliquent rarement aux propriétaires.
70 % de la capacité d'un chien à se rafraîchir repose sur le contact avec la surface. Pas la température de l'air. Pas l'eau qu'il boit. Pas l'ombre. La surface sous son corps.
La température corporelle d'un chien se situe entre 38,3 °C et 39,2 °C. Chaque jour, peu importe la saison. Chaque surface sur laquelle le chien se couche absorbe cette chaleur. Le tapis, les coussins du divan, le lit pour chien, le carrelage. En quelques minutes, la surface directement sous lui se réchauffe. Une fois qu'elle a absorbé assez de chaleur corporelle, elle cesse d'évacuer la chaleur. Elle la retient, plaquée contre le ventre et la poitrine du chien.
« On répète aux propriétaires de garder l'air frais, de laisser de l'eau à disposition, de surveiller le halètement », explique le Dr Harmon. « Tout ça compte. Mais on négligeait le facteur le plus important de tous. La surface. »
C'est ce que le Dr Harmon appelle maintenant la saturation thermique de surface. Et ça explique chaque symptôme « inexpliqué » que les propriétaires rapportent.
Le halètement en après-midi ? Le corps du chien travaille plus fort parce que la surface sous lui a cessé de le rafraîchir.
Les changements de place incessants ? Il cherche n'importe quelle surface qui n'a pas encore absorbé sa chaleur corporelle.
Le carrelage de la salle de bain ? Il est plus épais. Il met plus de temps à se réchauffer. Mais il finit par se réchauffer aussi.
« Une fois que j'ai compris ça », raconte le Dr Harmon, « tous les cas que j'avais vus prenaient soudainement tout leur sens. L'instinct des propriétaires était bon depuis le début. Ils remarquaient le halètement. Ils remarquaient l'agitation. Ils ne savaient simplement pas ce qu'ils avaient sous les yeux. Et honnêtement, la plupart d'entre nous non plus. »